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À un certain moment, durant les années 1890, Montgomery
acheta son premier appareil photo. Alors que les autres s'achetaient
des bicyclettes, elle décida de faire l'acquisition d'un
appareil photo et en tira énormément de plaisir. Nous
ne savons pas de quel type d'appareil il s'agissait, mais on peut
supposer qu'il s'agissait d'un modèle 4 x 5 qu'elle traînait,
avec son trépied, dans les champs et les bois ainsi que dans
les salons des gens qu'elle voulait photographier. Le nom du modèle
4 x 5 vient des dimensions en pouces de la plaque, et non du film,
qui se trouve à l'arrière de l'appareil. Ce genre
d'appareil sert encore de nos jours, mais les plaques de verre ont
cédé la place aux négatifs et les méthodes
de développement ont aussi changé. Les photographies
des pages des cahiers de coupures de Montgomery utilisées
dans cette exposition ont été prises avec un appareil
de modèle 4 x 5 semblables à celui que Montgomery
aurait employé.
Montgomery avait aménagé une chambre noire dans la
maison des Macneill à Cavendish et faisait des expériences
avec les effets spéciaux; ainsi il lui arrivait d'ajouter
une lune à un ciel de jour assombri. Dans l'article qu'elle
écrivit sur la photographie en 1902, tandis qu'elle travaillait
pour le Daily Echo d'Halifax, elle parle
beaucoup du plaisir qu'elle a et de ses habiletés. Elle imprimait
des cyanotypes (épreuves bleues) peu coûteuses de ses
propres photographies et des épreuves de divers formats.
Elle se servait de ces cyanotypes pour illustrer ses cahiers de
coupures et les envoyait à ses amis, sous forme de cartes
ou de calendriers. Elle prenait des photographies pour les gens
et lors d'événements publics et il arrivait que quelqu'un
d'autre se serve de son appareil pour prendre une photo d'elle durant
les événements qu'elle photographiait.
Sur la toute première page de son deuxième cahier,
elle a collé une coupure d'une annonce de la « fille
Kodak » qui laissait entendre que la photographie ne demandait
pas d'effort et était une activité en vogue lorsqu'on
pouvait transporter l'appareil photo comme un accessoire de mode.
Lorsque Nora Lefurgey, qui enseignait à l'école de
Cavendish, vint loger chez les Macneill, durant l'hiver 1903, et
une grande partie des moments de plaisir qu'elles vécurent
venait de la photographie. Cette été-là, Maud
et Nora prirent des photographies l'une de l'autre sur la côte.
Montgomery
faisait de la photographie pour son propre plaisir, mais il se pourrait
aussi qu'elle ait compris que ses chances de faire publier un de
ses poèmes ou histoires étaient plus grandes si elle
y joignait ses propres illustrations. Plusieurs de ses histoires
et poèmes du tournant du siècle, conservés
dans des cahiers de coupures mais absents de cette exposition, sont
illustrés de photographies de Cavendish et même de
sa propre chambre.
Lorsque Montgomery recopia son journal intime dans des cahiers
de même taille, en 1919, elle illustra certaines mentions
de ses propres photographies, et elle pilla peut-être ses
anciens cahiers de coupures pour y trouver des images.
Il est étonnant que Montgomery n'ait pas fait de la photographie
un élément important d'un de ses romans. Dans Anne
of Windy Poplars (1936), elle a écrit un épisode
sur la photographie, épisode qu'elle emprunta d'une de ses
propres nouvelles publiée environ trente ans plus tôt.
Remarquez l'illustration de la page couverture pour « The
Little Fellow's Photograph » et l'équipement dont Montgomery
fait mention dans son article sur la photographie paru dans le Daily
Echo.
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