Imaginez à quel point
la jeune Maud Montgomery alors âgée de quinze devait
être excitée lorsque son père l'invita à
venir lui rendre visite à Prince
Albert, en Saskatchewan, --possiblement pour s'y établir
en permanence -avec lui et sa nouvelle épouse. Le voyage commença
par une étonnante surprise. Maud devait se rendre dans l'Ouest
avec son grand-père, le sénateur Montgomery. Le premier-ministre,
Sir John A., et Lady Macdonald qui étaient en voyage à
l'Île, firent un arrêt spécial à la gare
de train de Kensington pour faire monter à bord son vieil ami
le Sénateur et sa petite-fille. Maud en fit état dans
son journal et conserva précieusement dans son cahier de coupures
la fleur (ci-dessous) que lui donna Lady Macdonald. Un tel début
pour ce voyage à travers le pays donna à Maud Montgomery
une riche introduction à l'esprit et à la grandeur du
Canada. Maud était née un an après que l'Île-du-Prince-Édouard
se soit jointe à la Confédération (Canada) et
elle avait grandi dans une famille et un milieu de politique. Son
voyage à travers le pays renforça sa croyance dans la
beauté et la puissance de son pays natal. Elle fut toujours
fière d'être canadienne.
Maud écrivit et publia plusieurs textes patriotiques au sujet
de ses voyages et tout au long de ces voyages, elle collectionnait
des souvenirs. Elle garda un tournesol des Prairies (ci-dessus) de
Winnipeg et une fleur pressée (ci-dessus) de la maison de son
père baptisée Villa Eglinton (en l'honneur de comte
d'Eglinton, dont les Montgomery disent être les descendants).
Elle collectionnait aussi des images des Chemins de fer canadiens
(ci-dessous) qu'elle colla dans son cahier de coupures.
L'année passée à Prince Albert ne fut pas
un succès. Maud adorait les grands espaces ouverts de l'Ouest,
et elle aimait être avec son père, mais elle ne s'entendait
pas avec sa belle-même et elle s'ennuyait énormément
de l'Île. Elle se lia d'une forte amitié avec deux
des ses compagnons de classe, Willie et Laura Pritchard, et, étrange
coïncidence, eut pour enseignant J.A. Mustard, qui la demanda
aussi en mariage. Mustard était originaire d'une ferme près
de Leaskdale, en Ontario, et il devait éventuellement devenir
ami des Macdonald lorsque ceux-ci s'y établirent, après
leur mariage. Maud eut le grand plaisir de voir son nom imprimé
pour la première fois lorsque son poème, On
Cape LeForce, fut publié dans le Daily
Patriot de Charlottetown qui fut posté à son
père.
Maud ne retourna à Prince Albert qu'en 1930, mais ce voyage
lui permit de voir combien le Canada avait grandi depuis sa visite
de 1890, au moment où Prince Albert faisait encore partie
des Territoires.
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